Pierre Daquin

La présentation de l'artiste

Daquin, né à Paris, vit dans le Var depuis une vingtaine d’années.

Après que ses peintures aient été sélectionnées aux premières Biennales de Paris, il explore, depuis les années 70, le potentiel du souple, entre fluidité de la peinture et rigidité de la sculpture, qu’il exerce sur les matériaux flexibles comme les textiles ( Musées d’Angers ) les vinyles (« Action/Pli » M.A.M.Paris ) les caoutchoucs (Musée d’Ixelles – Galerie Swart Amsterdam) et les papiers (Galerie Nationale de Beauvais – I.C.C. Anvers) qu’il plie, déchire, dédouble, dé-fabrique (la déconstruction  transformant ces matières) recompose, évide (parfois jusqu’à l’extrême limite de la soustraction à l’instar de « l’Ombre de la transparence »), proposant un mode de connaissance ouvrant des perspectives  inédites, par ce nouveau regard.

L’écrivain Gérard Landrot dit de lui qu’il anoblit les substances ordinaires avec la sureté et la grâce d’un thaumaturge… Ses créations traduisent une sensualité tactile et visuelle, une subtilité d’œnologue qui respire le monde qui l’entoure et s’émerveille perpétuellement de trouver une beauté là où personne ne songe à la chercher…

Daquin, born in Paris, has been living in the Var region of the South of France for over twenty years.

After having his paintings selected by the first Biennales de Paris, since the 70s, he has been exploring the potentiality of the supple, between the fluidity of painting and the rigidity of sculpture, which he applies to flexible materials such as textile (Musée d’Angers), vinyl (« Action / Pli  » M.A.M.de Paris) rubber (Musée d’Ixelles – Galerie Swart- Amsterdam) and paper (Galerie Nationale de Beauvais – I.C.C. Anvers) by folding, tearing, doubling up, and disintegrating it ( in view of analysis and transformation of materials)  by recomposing and cutting away (sometimes up to the extreme limit of subtraction, as in  » l’Ombre de la transparence » (Transparence’s shadow ») here thereby offering a different mode of knowledge unique understanding, generating fresh perspectives by this new look.

In the words of the writer, Gerard Landrot « He ennobles ordinary substances…with the assurance and grace of a thaumaturge…his creations transmit a tactile and visual sensuality, the subtlety of an oenologist who breathes the world that surrounds him and is perpetually astonished to find beauty where no one was seeking it… »

 IN / EX

A l’origine, la découverte de papiers d’emballage, de retour de longs voyages, protégeant les œuvres contre les risques de détériorations, d’humidité ou d’incendie : papiers kraft bitumés, armés de fils de verre ou nylon, parfois recouverts d’une feuille d’aluminium qu’il effile, dédouble, déchire…ou  rythme parfois de touches de peinture.

La radicalisation de soustractions de matière jusqu’au vide central produit un cadre s’ouvrant sur de nouveaux possibles.

La force des paysages de l’Esterel s’impose alors sous forme d’évocations, d’abstractions de nature (pierriers, mares, séracs, brume…) qu’il place au centre de ces cadres relançant la dynamique Cadre / Sujet.

L’exploration d’intériorités insoupçonnées de matériaux ordinaires invite aux résurgences de nos mystères intimes.

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Repères dans son parcours artistique

Artiste sélectionné aux Biennales Internationales de Paris de la Jeune Peinture en 1961-1965-1967-1969 et parallèlement reçu premier au concours du Mobilier National, il est d’abord connu pour ses tapisseries blanches épurées, en relief, évoquant les silences en ombres et lumières des déserts qui le fascinent (Galerie La Demeure 1970 – Paris / Arras Gallery à New-York).

Il revendique très tôt le concept d’ « Art Souple » entre fluidité de la peinture et rigidité de la sculpture qu’il exerce sur différents matériaux industriels souples (caoutchouc toilé, vinyle, cuir, plastique toilé…) dont il révèle les envers invisibles, les intériorisés insoupçonnées, les pertinences de réflexion (Action/Pli – Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – 1974).

Puis ce sont les papiers kraft (qui protègent les oeuvres lors des transports) constitués de feuilles doubles kraft ou kraft/aluminium anti-feu (à l’intérieur bitumé renforcé de fils de chanvre ou de nylon) qui sont diversement déchirés, dédoublés, évidés puis peints par des techniques personnelles issues de ses rencontres avec les matières les plus insolites (Europe, Amérique, Afrique, Australie, Nouvelle-Zélande 1984-1987).

Daquin y travaille les concepts du Double, de la Marge, du Cadre (« Le sens de la Marge », Galerie du Faisan – Strasbourg – 1988), du Vide, du Pli, des Soustractions de matière allant jusqu’à l’extrême dans « l’Ombre de la Transparence » (1984 – Exposition « Decorum » M.A.M de la ville de Paris en 2014).

Professeur à Strasbourg (1987-1993) puis à l’école des Beaux Arts d’Angers (1993-1998) qui expose son « Parcours 66/93 » puis ses peintures en 2008 au Musée des Beaux Arts. Le Mobilier National tisse pendant quatre ans un tapis de 25m2 d’après une de ses peintures.

Ses oeuvres sont présentes dans les collections privées (Pierre Cardin, …) et publiques (Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, Musées d’Angers, Musée des Arts Décoratifs de Nantes, Musée des Arts Décoratifs de Paris, Frac Picardie, Musée des Beaux Arts d’Ixelles, ICC d’Anvers, …).