Daniel Airam

La présentation de l'artiste

Daniel Airam est né en 1958 à Lyon.

Il effectue des études d’arts graphiques, puis travaille dans l’imprimerie. En 1982, il se consacre exclusivement à la gravure et participe à de nombreuses manifestations en France comme à l’étranger. Pourtant, petit à petit, la peinture, la sculpture, la vidéo s’ajoutent comme une évidence. Désormais, une profonde réflexion autour de l’image et du signe constitue le cœur de ses préoccupations.

« Si la persistance de la pratique du graffiti incisé le plus souvent sur l’enduit d’un mur ou l’écorce d’un arbre ne cesse de m’étonner, l’immuable beauté du portrait flamand et de son océan de visages m’enchante tout autant. L’ironie suggérée, il sera temps de remarquer que ce qui les unit relève bien d’un même registre, celui d’un ensemble de milliers d’existences anonymes secrétant une égale délectation pour leur propre singularité. Nés tous deux d’un système quasi mécanique, codifié, inlassablement recommencé, leur incroyable présence traverse pourtant le temps ; néanmoins, revendiquant pour l’un son aspect populaire et pour l’autre son appartenance à une aristocratie assumée, force est de constater qu’une fonction mémorielle commune les rassemble telle une identique référence.

Pratiquant ouvertement l’idée d’une histoire de l’art au cœur de ma production artistique, l’usage du vernis s’est imposé, celui-ci apportant brillance et dureté à la peinture. En fait, le fameux « éclat » dont parlait Van Eyck, cet éclat proche du verre, du vitrail, proche aussi d’un épiderme censé protéger un monde organique et fragile.

Et puis, telle une injonction à l’immobilité des choses, une prolifération des points colorés s’est invitée, tel un procédé lui aussi mécanique, une préoccupation distincte pour la répétition d’un motif simple et abstrait. Fragment d’une modernité sans fin, l’unité de cette grille colorée contraint le regard à produire un effort. Se pose alors l’exigence du moment critique immanent à la peinture, l’activation de l’œuvre par le regard. »

« The immutable beauty of the Flemish portraits, with their oceans of faces, enchants me. But the persistence of the graffiti artists we so often come upon, their work scratched into the finish of walls or the barks of trees, astonishes me in the same way. This suggests a certain irony. It may be time to recognize what unites them, that both arise from the same emotion, from an ensemble of millions of anonymous existences, each harboring a deeply held belief in its own singularity; that both grew out of a codified, quasi mechanical system endlessly repeated down through the ages. Despite claims of popular origin for the one and an assumed aristocracy for the other, in their common, immemorial function they are identical. »

Daniel Airam, « Incisions, portraits croisés » extrait et traduction, 2017

 

 

 

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