Cécile Perra

La présentation de l'artiste

Je sais ma fibre créatrice depuis ma plus tendre enfance. 

Sans trop savoir encore mettre un nom sur cette sensibilité, ce besoin quotidien de créer m’a tout naturellement amenée à étudier à l’école des beaux-arts d’Epinal pour apprendre et vivre, durant trois années, une expérience artistique collective, génératrice d’un profond épanouissement, affirmant définitivement une vocation d’artiste.
Souhaitant poursuivre après l’obtention de mon diplôme national de plasticienne, je me présentais alors spontanément à l’école d’art d’Aix-en-Provence pour y obtenir, deux années plus tard, un diplôme national supérieur d’études plastiques.

Guidée par le hasard de rencontres artistiques, j’eu la chance d’animer durant deux années consécutives, un atelier d’arts plastiques en direction d’un public adultes handicapés mentaux. Mieux qu’une seconde école, et dotés d’une richesse artistique et humaine hors du commun, ils m’ont alors révélé, sans le savoir à quel point la simplicité et la spontanéité dans l’acte de créer m’étaient primordiales. Cette expérience merveilleuse influença profondément mon approche artistique. Depuis ce jour je désapprends, éternellement happée par le portrait – saisir avec sa seule sensibilité le format de l’instantané, se libérer de l’académisme, apprendre à se dégager des contraintes et des règles de la technique et de l’esthétique pour ne rechercher que la substance et l’émotion.

Assise dans l’instant, armée de vieux papiers, de précieux tissus porteurs d’histoires, portraits intimes que je transforme, mêlant familles et inconnus, j’assemble, je couds, je peins, je gratte, je happe le visage pour l’intégrer dans un nouveau récit. Je file une bouche, des yeux qui en disent long, une figure qui suggère un personnage, une identité, un caractère. Je joue avec la vie et la mémoire comme une enfant qui joue à la poupée. Je deviens le souffleur d’une histoire.

Les formes s’épurent, les normes disparaissent, la représentation devient parfois grossière et maladroite, mais me semble juste. Je raconte avec nostalgie le passage de l’enfant à l’adulte, souvent confus, prématuré, parfois. J’aborde la transmission et l’héritage ou l’absence de légèreté de l’enfance. Je crée des identités métissées, profondes et complexes, mais mises à nue. Je reprise les blessures et redonne une seconde chance à ces personnages… je leur donne la vie jusqu’à dire. Mais qui sont-ils ? Je ne le sais pas mais ils me plaisent’». Cécile Perra

 

 

Visages

Techniques mixtes

Sculptures